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Lors de son discours à Cholet du 6 janvier dernier, le Président de la République a déclaré : "Nous sommes parmi les pays où les impôts pèsent le plus lourd sur l'activité. Si la solution n'est pas d'augmenter les impôts mes chers compatriotes, quelle est-elle ? Et bien la solution est de diminuer le poids de la dépense publique. Il n'y a pas le choix. La dépense publique représente la moitié de notre richesse nationale, 10 points de PIB de plus que chez nos amis allemands, mais, que je sache, l'Allemagne n'est pas sous-administrée et ils ont 10 points de richesse nationale de moins consacrés à la dépense publique. Parmi les pays de l'OCDE, nous détenons désormais le record du niveau de dépense publique par rapport au PIB… Depuis 30 ans les créations d'emplois dans la fonction publique ont progressé de 36 %. Je ne peux pas accepter que l'essentiel de la richesse que nous créons chaque année serve à financer les dépenses publiques. Qui peut prétendre aujourd'hui comme demain gouverner la France en soutenant que notre pays peut continuer à augmenter le nombre des fonctionnaires ? Qui peut soutenir que nous pouvons continuer à augmenter les dépenses courantes ou continuer à augmenter les impôts ? Il faut être sérieux. Il faut dire la vérité aux Français. "
Quelques jours plus tard, le 25 janvier, à l'occasion du débat télévisé avec le public, il a affirmé : " Je suis prêt à envisager une titularisation progressive des contractuels de la fonction publique ". Faut-il vous rappeler que cette mesure équivaut à une aggravation des dépenses publiques, en totale contradiction avec le discours de Cholet.
Les contractuels représentent 16 % de l'emploi public en France, soit plus de 890 000 personnes : 345 000 dans les administrations de l'Etat, 145 000 dans les hôpitaux et 400 000 dans les collectivités locales. Titulariser tout ce monde coûte très cher. Les dépenses de personnel (pensions civiles et militaires comprises) s'élèvent déjà
à plus de 300 milliards d'euros par an. Des dépenses de personnel qui représentent pour l'Etat - donc pour les contribuables - près de la moitié des dépenses nettes de son budget. Lorsqu'il titularise un agent, l'Etat s'engage en moyenne à le rémunérer durant cinquante ans (salaires et retraites). Le coût moyen par an d'un fonctionnaire est d'environ 40 000 euros et pour tout au long de sa vie il est estimé
à environ 3,5 millions d'euros. Ce qui veut dire que la titularisation de plus de 890 000 fonctionnaires équivaut à la pérennisation d'une dépense annuelle de plus de 31 Mds d'euros. Ce n'est sûrement pas de cette façon que l'on va diminuer le poids de la dépense publique et des impôts, comme le Président de la République s'y était engagé.
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