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| Juillet 2006 |
Sévices garantis dans les transports publics en cas de grève
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| Au bout de trois années de pourparler avec les syndicats pour l’institution d’un service garanti dans les transports publics en cas de grève, le gouvernement propose la « Charte pour une prévisibilité du service public de transport en période de perturbations ». Autrement dit, une vaste fumisterie ! |
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L’idée du service garanti dans les transports publics est à la fois juste et simple : les jours de grèves, les transports en commun fonctionnent à 100 % aux heures de pointe, pour ne pas empêcher les Français de se rendre sur leur lieu de travail.
Le service garanti est d’ailleurs en vigueur au Canada ou en Italie, où les employés des entreprises de transports publics n’ont pas le droit de faire grève de 8 à 10 heures et de 17 à 19 heures. Dans d’autres pays, pas moins civilisés, comme l’Angleterre ou l’Allemagne, la question du service garanti ne se pose même pas puisque les employés en charge des transports publics n’ont pas le droit de grève…
En France, la question bat son plein depuis les promesses électorales du Président Chirac et les grèves abusives du printemps 2003. Les syndicats de fonctionnaires s’opposaient à la réforme des retraites et n’avaient pas manqué de le faire savoir en paralysant le pays.
Après d’interminables tractations, chacun pouvait espérer que le gouvernement prenne ses responsabilités et garantisse enfin les droits des usagers face aux sévices des syndicats. Mais c’est un nouvel échec. Pis, non seulement nos dirigeants demeurent résignés mais ils tentent, avec un aplomb inouï, de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Le 4 juillet dernier, le ministre des transports, Dominique Perben, s’est félicité, à grand coup de battage médiatique, d’avoir trouvé un accord avec les syndicats pour la mise en place du service garanti. Il s’agit, en fait, d’une charte dérisoire qui s’articule autour de trois points stériles, voir provocants :
- 1 – L’information des voyageurs : les entreprises de transport et leurs syndicats s’engagent à avertir les usagers de la grève, 48 heures avant le début des réjouissances. Les grèves peuvent donc demeurer intempestives tant que l’usager est informé de son triste sort.
- 2 – Les syndicats sont invités à négocier avec la direction des entreprises avant de se lancer tête baissée dans une action de trouble à l’ordre public. Cette exigence de bon sens existe déjà dans les textes français mais, vu les circonstances, il semble effectivement indispensable de le rappeler aux intéressés.
- 3 –Des sanctions financières sont prévues pour l’entreprise selon que la charte est ou non respectée. Autrement dit, si les usagers sont mal informés de la grève ou que les négociations n’ont pas été entamées préalablement, l’entreprise est sous la menace de pénalités financières. Pour des entreprises comme la RATP ou la SNCF qui vivent sous perfusion de l’Etat – donc l’argent des usagers et des contribuables – le moins que l’on puisse dire c’est que la contrainte n’est pas vraiment dissuasive !
Les syndicats sont loin d’être désarmés et les prochaines tentatives de réformes si nécessaires au redressement de notre pays s’annoncent plutôt colorées.
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