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Au cours des débats sur le projet de loi de Finances pour 2007, les membres du gouvernement n’ont pas manqué de se gargariser d’un budget qu’ils considèrent comme vertueux. A les croire, les dépenses seraient maîtrisées et le déficit réduit. En fait, c’est la même rengaine qui nous est servie chaque année : les prévisions et les comptes qu’ils nous présentent sont largement trafiqués et ce n’est qu’à la fin de l’année suivante, une fois le budget exécuté, que nous constatons l’étendue des dégâts et à quel point nous avons été trompés. Les dépenses ne cessent de s’emballer et la dette publique explose.
Cependant, cet automne, le mensonge budgétaire, désormais institutionnalisé, atteint une mesure jusqu’ici inégalée. A tel point que même certains parlementaires de la majorité s’en sont offusqués ! Et, pas n’importe lesquels, deux spécialistes incontestés des finances publiques ; en l’occurrence, Gilles Carrez, rapporteur du Budget à l’Assemblée et Charles de Courson, ancien magistrat de la Cour des comptes.
Ainsi, l’année prochaine, les dépenses sont censées augmenter de 0,8 % mais la présentation comptable fournie par le ministère des Finances est tronquée. Elle ne tient pas compte d’une multitude de transferts financiers de l’Etat vers la Sécurité sociale, les collectivités territoriales ou certains organismes publics. En réalité, il est prévu que les dépenses augmentent d’au moins 2,9 % l’an prochain, pour atteindre un peu plus de 373 milliards d’euros.
A grand coup d’artifices comptables, nos gouvernants irresponsables tentent donc, plus que jamais, d’échapper à la vigilance des Français et de leurs élus.
Dans ce contexte, la création à Bercy du Conseil pour la diffusion de la culture économique apparaît comme une nouvelle provocation. D’après l’arrêté ministériel qui prévoit son instauration, sa mission est « de faire progresser la culture économique dans le public et de permettre une meilleure maîtrise des réalités comme des mécanismes économiques ». Un organisme administratif supplémentaire qui, à coup sûr, ne manquera pas de gratifier quelques « experts » fidèles et éminents qui, eux-mêmes, auront à cœur de nous démontrer par « A plus B » que, malgré la hausse des prélèvements obligatoires et l’explosion des déficits, la dépense publique est enfin maîtrisée !
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