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| Juillet 2006 |
Désinformation :
la fausse baisse du nombre de fonctionnaires
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| Officiellement, le nombre de fonctionnaires serait en baisse, en France, depuis 2003. Or, en réalité, les effectifs ne cessent d’augmenter. Mais pour masquer les défaillances de leur gestion, nos dirigeants n’hésitent pas à maquiller les comptes. |
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Voilà quatre années que les représentants du gouvernement clament haut et fort qu’ils maîtrisent enfin la dépense publique, notamment en menant une politique de réduction des effectifs dans la fonction publique. Récemment, le ministère des finances a même publié quelques statistiques censées «informer» les Français des sacrifices consentis par l’administration.
En 2003, le nombre de fonctionnaires aurait baissé de 1 090 ; en 2004 de 4 537 ; en 2005, de 7 392 ; et, en 2006, de 5 318. Sur une masse globale d’un peu plus de 5 millions de fonctionnaires, cela ferait une réduction oscillant, selon les années, entre 0,02 et 0,14 % des effectifs.
Néanmoins, une analyse approfondie des comptes de l’Etat et de son administration permet de remettre en cause ce discours officiel. Par exemple, en 2004, non seulement le nombre de fonctionnaires n’a pas été réduit de 4 537 mais il a augmenté de… 58 000 !
Pour induire l’opinion en erreur, nos gouvernants utilisent toutes les techniques, plus ou moins subtiles, de la désinformation :
Tout d’abord, les chiffres communiqués n’intéressent que la fonction publique d’Etat. Ainsi, les effectifs de fonctionnaires territoriaux ou hospitaliers peuvent bien exploser cela n’a aucun impact sur les statistiques qui sont ensuite diffusées.
En 2004, la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière comptaient respectivement 1,52 million et 966 340 agents, soit une augmentation de plus de 3 % des contingents par rapport à l’année précédente.
Ensuite, les chiffres présentés sont ceux des autorisations budgétaires. Autrement dit, chaque année, le Parlement prévoit en loi de finances le recrutement des fonctionnaires mais, dans la pratique, l’administration excède ses prérogatives et embauche toujours plus.
Par exemple, en 2003, la Cour des comptes a constaté que malgré la baisse programmée du nombre de fonctionnaires d’Etat, les effectifs ont finalement augmenté de 18 600 unités.
Enfin, la dernière astuce consiste à transférer des agents au sein d’établissements publics subventionnés par l’Etat. Les effectifs de fonctionnaires d’Etat baissent ainsi fictivement alors que le personnel reste à la charge du Budget.
Par exemple, en 2003, 1 300 emplois ont été transférés du ministère de la Culture à l’établissement public « musée du Louvre ». De même, en 2005, plusieurs milliers d’emplois n’ont pas été comptabilisés au sein de l’Education nationale, au motif qu’il s’agit de postes d’assistants d’éducation ou d’emplois jeunes dont le recrutement est assuré par les établissements publics locaux.
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