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L'Etat est notre serviteur et nous n'avons pas à en être les esclaves - Albert Einstein.
juillet 2008       Le gouvernement se couche une nouvelle fois devant les syndicats.
Le projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" ne s'attaque pas aux dérives du financement des syndicats. Ils continueront à prospérer sur le dos des contribuables.

C’est presque entré dans les mœurs politiques. Les gouvernants s’inclinent régulièrement devant les demandes des syndicats. Nous venons d’avoir une nouvelle preuve avec le projet de loi qui a été présenté en conseil des ministres le mercredi 18 juin dernier. Outre la réforme des 35 heures qui a retenu l’attention des médias, il est question dans ce même projet de « la rénovation de la démocratie sociale ». Belle et subtile formule ! Elle cache en réalité une série de mesures qui renforcent les « grands » syndicats comme la CGT et empêchent une vraie réforme du monde syndical français. En voici les preuves.

Parmi les mesures qui seront adoptées – avec l’accord de plusieurs syndicats dont la CGT et la CFDT – figure la représentativité syndicale. Dans les entreprises par exemple, pour être reconnus, les syndicats devront avoir recueilli 10 % des voix au premier tour des élections au « comité d’entreprise ou de la délégation unique du personnel ou à défaut des délégués du personnel ». Cette mesure permet seulement aux cinq confédérations les plus représentatives et aux syndicats constitués « depuis au moins deux ans » de se présenter au premier tour.

Pour ce qui est des branches interprofessionnelles, là aussi, ce sont les syndicats ayant recueilli au moins 8 % des voix au niveau national qui seront considérés comme représentatifs.

Mais beaucoup plus grave, en échange de cet accord avec les syndicats qui d’ailleurs ne sera mis en place que très progressivement jusqu’en 2013, le gouvernement a complètement fermé les yeux sur plusieurs dérives des syndicats qui pourtant auraient du être éradiquées. Il s’agit d’abord des commissions administration-syndicats qui décident de l’évolution des carrières des fonctionnaires et donc de leurs rémunérations et, surtout, il a décidé de ne pas s’attaquer au système de financement des syndicats.

Avec seulement 1,6 à 1,8 millions de syndiqués (les syndicats cachent les vrais chiffres), sur plus de 22 millions de salariés et un taux de syndicalisation d’environ 6-7 %, le plus bas du monde occidental (et de 4 % si l’on enlève tous ceux qui travaillent dans le secteur public), les syndicats français sont sous perfusion. Ils survivent grâce à l’argent public. Chez les quatre premiers syndicats (CGT, FO, CFDT, CFTC), les cotisations des membres ne représentent qu’environ 34 % de leur budget mais ils reçoivent sous diverses formes plus de 280 millions d’euros de subventions publiques. Des dizaines de millions d’euros sont versés par les ministères, d’autres dizaines sont « piqués » dans les centres de formation, les caisses de retraites ou les comités d’entreprise du service public. Des aides indirectes proviennent aussi des collectivités locales comme les mairies qui proposent des locaux gratuits aux organisations syndicales.

Faut-il aussi rappeler que ces syndicats profitent d’un système bien français qui s’appelle la « mise à disposition » et qui permet à des dizaines de milliers de syndicalistes de recevoir leur salaire de fonctionnaire tout en « travaillant » à plein temps pour leur syndicat ? On estime à 40 000 le nombre de fonctionnaires qui ne mettent jamais les pieds dans l’administration dont ils dépendent. Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, n’est-il pas, comme d’ailleurs son prédécesseur, Marc Blondel, un fonctionnaire appartenant normalement à la Sécurité Sociale ?

Le gouvernement devrait savoir que la seule possibilité de réformer les syndicats français est de leur couper les vivres en provenance de l’Etat. Il a raté l’occasion en préférant les laisser exercer leur pouvoir de nuisance et continuer à prospérer sur le dos des contribuables.

 

 

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